Les quatre matériaux du marché isolent tous correctement quand ils sont bien fabriqués et bien posés. Ce qui les distingue, c'est le prix, la finesse des profilés, l'entretien et la façon dont ils vieillissent sous le climat humide et venté du Pas-de-Calais.
Sur une maison en briques rouges, l'harmonie avec la façade compte aussi. Un gris anthracite, un blanc cassé ou un bois clair ne donnent pas du tout le même résultat sur une rue de maisons de ville.
Comment les quatre matériaux se comparent-ils ?
Le PVC : le choix par défaut, et pour de bonnes raisons
C'est le matériau le moins cher à performance égale, et il ne demande aucun entretien. Il convient à la plupart des fenêtres et portes-fenêtres des maisons de ville et des pavillons du Béthunois.
Ses limites tiennent à l'épaisseur des profilés, qui mange un peu de lumière, et aux couleurs foncées, qui coûtent plus cher. Notre page sur le prix d'une fenêtre PVC détaille les fourchettes ouvrage par ouvrage.
L'aluminium : la finesse et les grandes baies
L'aluminium permet des profilés très fins, donc plus de vitrage pour une même ouverture. Il s'impose pour les baies coulissantes de plus de 2,40 m et pour les extensions vitrées, de plus en plus fréquentes à l'arrière des maisons de ville.
Il doit impérativement être à rupture de pont thermique, c'est-à-dire avec une barrière isolante entre la face intérieure et la face extérieure. Sans elle, la condensation apparaît sur le cadre dès les premiers froids humides de novembre.
Le bois : l'authenticité, contre un peu d'entretien
Le bois isole naturellement très bien et respecte l'aspect des maisons anciennes. Il est parfois exigé aux abords des monuments historiques et dans certaines cités minières protégées du bassin minier, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco.
Il demande une lasure ou une peinture régulière, d'autant plus sur une façade exposée à la pluie battante de l'ouest. Les bois exotiques ou le chêne, livrés avec une finition usine, espacent l'entretien à une dizaine d'années.
Le mixte bois-alu
Le bois à l'intérieur, l'aluminium à l'extérieur : on obtient la chaleur du bois côté pièce et l'absence d'entretien côté rue. C'est la solution la plus durable, mais aussi la plus chère, réservée en pratique aux projets haut de gamme ou aux façades très exposées.
Comment chaque matériau vieillit-il sous le climat du Nord ?
Le Béthunois cumule pluie fréquente, vent d'ouest et longues périodes d'humidité. Ce climat use moins les menuiseries que le soleil du Sud, mais il met à l'épreuve les finitions et les joints.
- Le PVC ne craint ni l'eau ni la mousse. Ses joints se remplacent après quinze à vingt ans, pour un coût modeste.
- L'aluminium laqué tient très bien, à condition d'être lavé une ou deux fois par an. Une laque de qualité certifiée évite le farinage de la couleur.
- Le bois souffre surtout en bas des ouvrants et sur les pièces d'appui, là où l'eau stagne. Une lasure entretenue à temps évite le pourrissement qui condamne tant de fenêtres anciennes du secteur.
Que coûte vraiment chaque matériau sur trente ans ?
À l'achat, le PVC est le moins cher. Sur la durée, l'écart se resserre avec l'aluminium, qui dure plus longtemps sans entretien, et se creuse avec le bois, qui demande une lasure ou une peinture régulière. Pour une maison de huit fenêtres, compter un entretien du bois tous les cinq à dix ans représente un budget réel, en temps ou en artisan.
Quel matériau pour quelle maison ?
- Maison de cité minière ou de ville en briques : PVC blanc ou gris, bois si le règlement l'impose. Les ouvertures sont modestes, l'alu n'apporte pas grand-chose.
- Pavillon des années 1970 à 1990 : PVC, souvent avec volets roulants intégrés.
- Grande baie, véranda ou extension vitrée : aluminium à rupture de pont thermique.
- Maison de caractère, façade de pierre ou de briques anciennes : bois ou mixte bois-alu.
Quand faut-il oublier le critère du matériau ?
Une fenêtre médiocre dans un bon matériau reste une fenêtre médiocre. La qualité de la pose décide de l'étanchéité à l'air bien plus que le matériau. Un artisan qui propose de l'alu sans rupture de pont thermique, ou du PVC sans renfort acier sur une grande fenêtre, doit vous alerter, quel que soit le prix.
Le vitrage, enfin, représente l'essentiel de la surface. Notre page double ou triple vitrage explique ce qui compte vraiment dans le Nord.